Le conseil local FCPE (Fédération des Conseils de Parents d'Elèves des écoles publiques) du collège Marcel Doret informe, conseille, soutient les parents et les aide à faire respecter leurs droits. Ses élus bénéficient du soutien d'une structure nationale et régionale prête à les conseiller ou les défendre dans leur mission au sein du collège.
Dans la frénésie des contre-réformes du gouvernement, le lycée ne devait pas rester à l’écart. Après l’échec de Xavier Darcos, la médiation de Richard Descoing et quelques rapports parlementaires plus tard, Luc Chatel y va de son couplet. Cette réforme sera effective à la rentrée 2010 pour les classes de secondes.
La FCPE n’est pas dupe : si nous ne contestons pas le fait que le lycée doive être réformé, les propositions ne sont pas de nature à améliorer la situation.
Dans la communication du ministère nous pouvons lire : «Pour une orientation plus progressive, Pour une orientation plus ouverte, Pour une orientation plus juste»
Nous constatons que la plupart des missions qui étaient jusque-là assurées par les conseillers d’orientation psychologues (COPsy) seront désormais assurées par des
enseignants. Enseignants qui ne sont pas formés à ces missions et qui n’ont pas les pré-requis nécessaires pour les assurer dans de bonnes conditions. Ils manquent de
neutralité et le poids de leur matière est déterminant sur la vision qu’ils
C’est bien de l’autonomie des étaont des élèves.
Le troisième objectif du ministère est explicité comme ceci : « Mieux s’adapter à son époque : Pour un lycée qui favorise l’apprentissage des langues étrangères, Pour un
lycée qui favorise l’accès à la culture, Pour un lycée qui favorise la responsabilisation des lycéens ».
Il faut comprendre qu’à notre époque, les lycéens doivent apprendre à pratiquer une langue étrangère à l’oral à 40 élèves par classe.
Le baisse massive des moyens attribués par le ministère aux établissements n’offre pas les conditions à la réussite de la réforme du lycée.
En 2006 le ministère a supprimé 1 600 postes d’enseignants,
8 700 en 2007, 11 200 en 2008, 13 500 en 2009 et, pour la rentrée prochaine, ce sont plus de 16 000 postes supplémentaires qui vont disparaître.
En 5 ans se sont plus de 51 000 postes d’enseignants qui ont disparu.
Chaque année se sont 2 800 suppressions d’emplois supplémentaires par rapport à l’année précédente.
La FCPE se pose la question : quelles sont les réelles finalités de la réforme présentée ?
Est-elle là avant tout pour accompagner, voire amplifier la baisse des effectifs enseignants ? Car moins d’heures d’enseignements dans les établissements c’est plus d’heures de travail à la maison, c’est plus de discrimination sociale et c’est aussi amplifier le mécanisme (qui fonctionne fort bien actuellement) de reproduction sociale.
Mais les problèmes récurrents du lycée demeureront à la rentrée prochaine, la réforme ne les aborde même pas.
Nous aurons donc à la rentrée 2010 :
- Toujours des classes surchargées de 35 à 42 élèves par classe dans des locaux qui ne sont pas toujours adaptés pour accueillir de tels effectifs dans des conditions acceptables (salles exiguës, pas de table pour tout le monde... ),
- Toujours des élèves qui chaque année sont de plus en plus nombreux à ne pas trouver de place dans leur lycée de secteur.
- Et toujours des élèves qui subissent la déshumanisation des procédures d’orientation avec une orientation qui se résume de plus en plus à du placement effectué par une usine à gaz informatique (Afelnet, Post-bac…).
Cette réforme prône une idéologie toujours plus prégnante dans la politique du ministère, une idéologie qui avance masquée, par petites touches, par des mesures qui peuvent paraître anodines, par la mise en place de dispositifs ou des réformes qui remplacent progressivement l’existant, mais qui refondent les missions que la nation fixe à son système d’éducation, une école qui chaque jour est de plus en plus confisquée aux citoyens, une école que l’État met au service exclusif de l’économie.
Il aura suffi au législateur d’ajouter une phrase à l’article 1 de la loi d’orientation sur l’éducation, qui, dans sa version d’origine, assignait à l’école une mission claire et sans ambiguïté : « Le droit à l’éducation est garanti à chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité, d’élever son niveau de formation initiale et continue, de
s’insérer dans la vie sociale et professionnelle, d’exercer sa citoyenneté», pour l’invalider et lui faire dire son contraire.
Cette phrase, c’est : « Pour garantir ce droit, la répartition des moyens du service public de l’éducation tient compte des différences de situations objectives, notamment en matière économique et sociale. »
La réforme se fait au détriment des élèves et franchit un pas supplémentaire dans la mise en concurrence des établissements publics du second degré.