Surfant sur l’angoisse des parents, les entreprises de soutien scolaire se développent à grande vitesse. Ces cours permettent parfois de remédier à l’échec scolaire non résorbé par le service public de l’Éducation nationale.
1er groupe français du cours particulier à domicile, fondée en 1989, Acadomia, société introduite en bourse sur Euronext propose du soutien scolaire hebdomadaire, des stages de vacances ou de préparation aux examens et concours. Implantée sur tout le territoire français avec un réseau de 94 agences, Acadomia permet à 25 000 « enseignants » de dispenser des cours à 1000 000 élèves. Leader du « marché », son bénéfice net est de 4 millions €.
Acadomia avec des moyens publicitaires inégalés étend son influence dans un secteur en pleine croissance. Tout en bénéficiant de certains avantages fiscaux, ses clients peu faibles économiquement, offrent à leurs enfants des cours particuliers sensés les préparer à être les plus compétitifs sur le marché de l’emploi.
Ses professeurs à temps partiel qui ont intérêt à ce que ce réseau se développe sont souvent issus des rangs mêmes de l’Éducation Nationale. Un état qui permet et favorise les cours particuliers pour les enfants de parents privilégiés concourt-il à la réduction des inégalités sociales ?
Assurément c’est d’un service public d’éducation plus fort dont la société a besoin pour contrecarrer l’échec scolaire. Nous ne pouvons qu’être inquiets du développement de ces services marchands qui bien souvent tirent profit des angoisses familiales et parfois des carences du système éducatif.
Le service public d’éducation doit prendre en charge tous les enfants, leurs réussites et leurs difficultés, et être son propre recours. Les moyens doivent exister même si, pour partie, ils sont tombés en désuétude ou ont été détournés de leur mission initiale de soutien aux élèves en difficulté.